Un journaliste au coeur de la catastrophe de Ghislenghien

catastrophe de GhislenghienLa Belgique est en deuil suite à la catastrophe de Ghislenghien. L’explosion survenue dans cette zone industrielle du sud du pays vendredi matin a causé la mort de dix-sept personnes et de gros dégâts matériels. Pompiers, policiers, voisins, politiciens ont vécu le sinistre sur place. La presse était également présente en nombre. Gerald Vandenberghe, l’un des journalistes déplacés par la RTBF sur le lieu du drame, témoigne.

Comment avez-vous vécu les faits de Ghislenghien ?
Le matin de l’explosion, j’avais prévu de faire un reportage sur les gens qui amènent leur voiture chez le garagiste avant de partir en vacances. Mais j’ai été appellé pour changer de sujet. La rédaction de la RTBF a commencé à recevoir des appels racontant qu’il y avait une grande explosion près d’Ath. Les journalistes ont vérifié ces informations auprès des pompiers et de la police. Deux camions-satellites, trois voitures de montage et trente personnes ont été envoyées là-bas. Nous étions parmi les premières chaînes de télévision sur place. Nous nous sommes répartis entre Ghislenghien et Ath, où les autorités donnaient les conférences de presse.

Comment avez-vous capté les images de Ghislenghien?
Nous avons loué un hélicoptère assez rapidement pour capter les images aériennes. Mais il y avait aussi des images d’un vidéo amateur. De plus en plus, des citoyens ont le réflexe de prendre leur caméra et de filmer. Parfois les voisins ont le temps d’enregistrer ce qui se passe avant que les journalistes n’arrivent. Ils offrent leurs enregistrements à la presse ou bien ils essaient d’en tirer un bénéfice économique. Dans les cas où il n’y a pas d’autres images, les médias acceptent celles-là.

L’explosion de Ghislenghien a fait la Une partout en Belgique et aussi dans plusieurs médias d’autres pays européens. Qu’est-ce qui fait qu’une information passe en Une du Journal Télévisé?
C’est l’éditeur qui choisit pendant les réunions du matin et de l’après-midi ce qu’il veut mettre dans son journal. Les décisions sont aussi prises par les rédacteurs en chef. Ils décident qui ils envoient, où, combien de personnes… Dans ce cas-ci, il était évident pour tout le monde que c’était une grosse nouvelle.

Le fait d’être journaliste permet-il d’aller loin pour avoir les meilleures images ou les meilleurs témoignages ?
Un journaliste de l’AFP (l’Agence Française de Presse) a réussi à entrer mais nous ne savons pas s’il a dépassé le périmètre de sécurité ou s’il était déjà entré avant que la police ne l’établisse. Les routes nationales et tous les accès sont généralement coupés et cela prend du temps. Mais la plupart du temps, il faut respecter les barrières.

Cet événement est-il le plus important que vous ayez couvert dans votre parcours professionnel ?
Non, pour moi, l’affaire Dutroux, particulièrement la découverte des corps de Julie et Melissa, était plus grave. Mais c’est clair que pour un journaliste ce n’est pas facile. Il y a toujours un côté émotionnel.

Voir le site de la RTBF : www.rtbf.be
Voir le site de l’AFP : www.afp.fr

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