Bon de commande

Vous revenez du Pérou avec de magnifiques photos et des idées d’articles plein la tête.

Vous vous décidez à proposer vos papiers à différentes rédactions de magazines sur le tourisme. Après avoir relancé une trentaine de rédacteurs en chef, l’un d’entre eux vous accorde un dossier de dix pages illustrées de 5 photos dans son prochain numéro. Ensemble, vous fixez une rémunération et une deadline. Vous voilà parti. Vous passez de longues soirées à vous remémorer les paroles d’un vieux sage péruvien, à passer en revue les paysages idylliques. Après une semaine de travail, vous envoyez vos dix pages à la rédaction. Pourtant, à la sortie du numéro en librairie, aucun article de votre plume n’y figure. Vous rappelez le magazine en question. Réponse de votre interlocuteur : « Nous avons changé d’idée, nous ne souhaitons plus le publier ». Ce genre d’incident est fréquent dans la profession. Bien des rédactions acceptent de publier des papiers et n’honorent jamais financièrement leurs commandes. Face à un accord verbal, les pigistes sont très souvent désemparés. Premièrement, même si les conditions dépendent du pays et de la législation en vigueur, tout article commandé doit être payé. Dans certaines contrées, seul un pourcentage (certes important) est payé à l’auteur si l’article n’est jamais publié. Pour éviter ce genre d’incident, il est vivement conseillé de signer un contrat de pige avec l’éditeur pour l’écriture de l’article (voir nos numéros précédents). Mais lorsqu’il s’agit d’une commande ponctuelle ou d’une nouvelle collaboration, de nombreux rédacteurs en chef ne sont pas très enclins à signer un contrat. Dans ce cas, un conseil : envoyez un bon de commande par courrier électronique ou par courrier postal à l’attention personnelle de la personne qui vous a passé la commande. Dans ce bon de commande, vous précisez vos coordonnées, celles de votre correspondant ainsi que sa fonction. Les détails de l’article sont ensuite indiqués : titre, nombre de signes, nombre de photos, date de livraison et date de publication. Vous précisez aussi le montant convenu pour l’article et le mode de paiement. Enfin, vous terminez par une phrase du type « sans réaction de votre part dans les 48 heures par voie écrite ou par retour de mail (ou de fax), cette commande sera considérée comme définitive ». Par ce procédé, même s’il ne s’agit pas d’un contrat signé de la part de l’éditeur, vous aurez plus de chances de récupérer votre argent si la rédaction conteste la commande d’un article.