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Nicolas Gros-Verheyde, journaliste correspondant à Bruxelles

altIl y a ceux qui couvrent les questions européennes de loin, et ceux qui se lancent à la conquête de la capitale européenne. Correspondant à Bruxelles pour des médias français et notamment Ouest-France, spécialiste des questions européennes, Nicolas Gros-Verheyde nous parle de son métier et des difficultés qui l'accompagnent.


Comment êtes-vous arrivé à Bruxelles ?
Je travaillais beaucoup sur les questions européennes. Pour moi il fallait passer de la théorie à la pratique et j'ai décidé de monter à Bruxelles. Il s'agissait vraiment d'une décision propre sur un projet que j'ai entièrement auto-financé. J'ai commencé à travailler pour La Tribune, Ouest France et France Soir, qui a été le plus rapide à accepter mes collaborations. Aujourd'hui par contre, les difficultés économiques faisant, ces collaborations diminuent petit à petit.

Fait-on sa place facilement ?
L'accrédition, ce n'est pas très compliqué. Il s'agit d'un tampon officiel, d'une formalité administrative... Par contre, la création de son réseau, c'est plus complexe. Il faut aussi pouvoir comprendre rapidement le fonctionnement du système et des institutions.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?
La première difficulté, c'est de savoir quelles informations sont importantes. Sur les questions européennes, il y a plutôt profusion que manque d'informations. Est-il utile d'aller à cette conférence de presse ? Faut-il appeler telle personne ? Tout est intéressant mais il faut pouvoir faire des choix. La seconde difficulté, qui est liée, c'est l'intérêt des rédactions pour l'actualité du jour et les quelques aspects qui font mouche. Or l'intérêt des citoyens est parfois autre...

 

Y a-t-il parfois connivence entre les milieux politiques et journalistiques ?
Oui, je pense. Il est important pour le journaliste d'avoir comme sources des réseaux totalement autonomes et de ne pas se limiter aux réseaux politiques. Le journalisme est un enjeu de la diplomatie. On est sur surveillance, c'est certain, et régulièrement convoqués par nos ambassades.

Quel conseil donneriez-vous aux jeunes qui veulent se lancer sur vos pas ?
Il n'y a pas de miracle. Il est presque obligatoire de s'être penché avant sur les questions et les systèmes européens, afin de comprendre la mécanique. Puis, il faut se lancer. Il y a un risque à prendre, ça passe ou ça casse. Il faut se débrouiller tout seul et faire la tournée des journaux... Moi-même je ne connaissais personne dans les rédactions pour lequelles j'ai travaillé.