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Interview : Christophe Jobic

Interview : Christophe JobicChristophe Jobic, vous êtes rédacteur en chef de "Vélo vert" et photographe de presse pour les magazines de sports depuis maintenant dix ans, comment êtes-vous entré dans le métier ?

 

Je faisais de la photo en amateur depuis mes 18 ans en multipliant les expériences techniques. En parallèle je lisais le magazine "Chasseur d'Images": pour apprendre la technique et les principes de base, c'est excellent ! J'ai pu avoir la chance, ensuite, de rentrer à l'école des Gobelins, section labo photo. Parallélement, j'ai cherché à travailler dans la photo de sport. Il me fallait alors trouver un sport qui soit facilement photographiable sans accréditation. Le problème de la moto, de l'auto, de l'athlétisme, c'est qu'il faut déjà être envoyé par une rédaction pour avoir une accréditation et qu'il faut montrer des photos, forcément faites avec des accréditations, pour pouvoir espérer les publier. Heureusement, en 1992, le VTT était encore un sport jeune et 3 magazines récents se partageaient le marché depuis 2 à 3 ans. Trop peu de temps pour que ces rédactions deviennent rigides et n'utilisent que leurs propres photographes. Je suis donc allé photographier différentes courses de VTT et j'ai proposé mes images à des magazines. L'un d'eux ("Vélo Vert") a accepté de publier l'une de mes photos. Ensuite j'ai proposé d'autres reportages et également des petits récits d'événements car dans les petites rédactions, on ne peut pas envoyer sur le terrain un rédacteur et un photographe. Par la suite, j'ai pu décharger un journaliste en pied de quelques rubriques que j'ai gardées pendant plusieurs années, m'assurant un revenu modeste mais régulier pendant que je menais à bien mes études et mon service militaire. Une fois ces formalités entérinées, j'ai pu augmenter la cadence de travail, toujours en temps que pigiste régulier.

 

Comment êtes-vous, plus tard, devenu rédacteur en chef de "Vélo vert"?

Au printemps dernier étant alors le doyen des journalistes, et possédant une bonne culture du fonctionnement "maison" en plus d'une bonne polyvalence (photographe, webmaster, journaliste), on m'a proposé les fonctions de rédacteur en chef du magazine. J'ai accepté ce challenge très intéressant et les journalistes de "Vélo vert" m'ont entièrement soutenu.

Qu'elle est votre définition du photojournalisme?

Je ne me sens pas photojournaliste ou photoreporter comme on peut l'imaginer de façon commune. Le cliché "envoyé spécial" entre les balles et les obus à photographier des corps déchiquetés, ce n'est pas mon truc. En ce qui me concerne, grâce aux photos j'essaie de rendre le sport que je photographie le plus beau et le plus enviable possible. Sinon le photojournalisme c'est un peu ce qu'est le 6 minutes d'M6 au Monde : un rapide résumé en photo où le "client" peut en un clin d'oeil comprendre une situation. Libre à lui, pour en savoir plus, ensuite de lire la légende (qui incombe au photojournaliste) ou de se plonger dans un texte plus complet... Bref, toujours à mon sens, le photojournalisme c'est un peu la vitrine appétissante du journalisme !

 

Que conseillerez-vous à un jeune photographe qui a décidé d'affronter, comme photojournaliste, l'univers impitoyable de la presse ?

Je pense qu'il est impératif de commencer par apprendre à se servir de l'outil, et surtout de ne jamais se satisfaire de ses premiers clichés (même des suivants d'ailleurs). Il est important aussi de se parer d'un bon sens de l'autocritique et comparer ses propres photos avec celles qui paraissent dans les magazines.
Légender les photos que l'on présente et les accompagner d'un texte informatif qui résume le sujet du reportage que l'on a choisi, est très apprécié par les rédacteurs en chef. Il faut aussi s'armer d'une bonne dose de patience : certains sujets mettent plusieurs mois, voire plusieurs années à passer et d'autres sont même refusés. En outre, Le boulot de "pigiste" est généralement constitué de 25% de reportage et de 75% de démarches et de relationnel. Il est conseillé d'appeller régulièrement les rédactions, sans être oppressant, pour leur proposer de nouveaux articles. C'est la meilleure façon d'accélérer la parution de ses articles qui ont été acceptés. Ce qui est important car le pigiste est payé 1 à 3 mois après parution. Et ça, il faut le
savoir !

 

 

un article de Xavier Cherica

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